Derrière
sa brutalité, étrangement, j’ai ressenti un ange ; non pas
un démon, ni un ange noir, mais un être parachuté sur terre, privé
de l’introspection, privé de l’autocritique, presque
un con pourrait on dire, mais je préfère autre locution :
uniquement capable de
vomir sans réfléchir, comme un volcan qui vomit sa lave sur un
village ainsi condamné ; et cette absence de pensée analytique
m’a fait entrevoir un ange, un chérubin, allez savoir pourquoi ... un chérubin vieilli et au crane chauve, qui boit des blancs à répétition.
Nous
étions assis au bar, et il m’a dit qu’il a été dans la légion
étrangère, dans les paras, et qu’il est très content d’avoir
tué plein d’arabes. Une
voix tonitruante, pleine de joie de vivre.
Je déteste ce
qu’il dit, je déteste ce qu’il a fait, mais pour le bonhomme,
j’éprouve tendresse. C’est bizarre. Rien n’est simple.
Je
vais réfléchir à cette sorte de dichotomie entre l’état de
nature et la nature de l’horreur. Il me semble que je mets là le
doigt sur un sujet peu exploré. Ou bien ?
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